samedi 1 novembre 2008

Happy Halloween !

Si l'an passé, ma première impression sur cette journée de fête qu'est Halloween aux Etats-Unis m'avais enchantée par son côté festif et bon enfant, je dois bien reconnaître que certaines décorations et ornements choisis pour agrémenter jardins et devantures m'avaient quelque peu laissée perplexe, voire scandalisée !

Cette année, je me suis laissée prendre au jeu et apprécie d'avantage l'esprit morbide de rigueur, les pierres tombales d'agréments, cadavres ambulants et autres corbillards rutilants. Pour preuve, mon épouvantail qui ne devait même pas effrayer un moineau l'an dernier à laissé place à deux horribles créatures suspendues à un arbre par la corde qui les a fait passer de vie à trépas. Même ma malheureuse toile d'araignée qui aidait lamentablement son occupante à atteindre le plafond du salon il y a un an recouvre désormais un fauteuil occupé par "Jason the skeleton", digne invité fort sympathique et hôte pour le moins discret, qui durant le dernier week-end, a pris part en toute quiétude à nos moments de détentes. Bon, je dois bien l'avouer, il était de constitution fort peu robuste, puisqu'en carton, mais l'an prochain c'est sûr, il sera remplacé par un confrère qui, s'il n'est pas en chair sera au moins en os... Et au rythme avec lequel j'évolue, la prochaine édition risque d'être digne de notre pays de résidence. Je serai à mon avis fin prête pour organiser dans les règles de l'art ma première mise en bière. A moins que je me lance dans la reconstitution d'un cimetière. J'ai adoré les ossements dans le jardin de mon voisin. Pas trop voyants, pierre tombale très sobre, quand au cadavre en état de décomposition avancée, juste les pieds, les mains et le crâne sortaient de terre, très "classe". Quoi qu'il en soit, j'ai un an pour réfléchir à ma déco... Alors comme qui dirait, qui vivra verra...

Sinon hier, c'était une journée très sympathique et bien chargée. 9h, parade à l'école d'Arthur, 14h, parade à l'école de Cassandre. Tous les parents au rendez-vous, main sur la couture du pantalon, prêts à mitrailler de mille feux leur progéniture en costume de scène. 6 princesses, 2 fées, 5 sirènes, 3 spydermen, 2 batmen, 4 pirates, 1 livreur UPS... Un livreur UPS ! Comment peut-on avoir l'idée à 5 ans de se déguiser en livreur UPS ? Et pourquoi UPS plutôt que FedEx ?

16h30, "Playdate" chez Marie-Beth. Ce qui veut dire : regroupement stratégique de tous les enfants du voisinage en âge de se déguiser et de manger des bonbons pour deux heures d'amusements et de jeux pendant que les parents, libérés plus tôt de leurs obligations professionnelles, Halloween oblige, font des "relations publiques" autour d'une petite collation, préparé par tout un chacun.

Et ces petites soirées relations publiques à l'américaine, j'adore ça. Voilà leur fonctionnement : vous êtes ravis de vous retrouver avec vos meilleurs potes dont vous ne connaissez même pas le prénom ; vous vous extasiez pour des banalités sans pareil à tout bout de champs ; utilisez le mot "so nice", "so cute" et "so beautiful" après chaque gorgée de Dr Pepper ; opinez du chef d'un air entendu alors que vous ne comprenez pas un traitre mot de ce qui vient d'être dit ; ne vous étouffez pas avec le buffet qui ne comporte ni saucisson sec, ni canapés à la mousse de foie de canard mais des popcorns au chocolat et des sticks à tremper dans du chedar fondu. En deux mots, vous papillonnez de droite à gauche et parlez de choses et d'autres non pas avec Pierre, Paul ou Jacques mais avec Bill, Tim ou Jim comme si vous vous étiez quittés la veille. Ca permet de rencontrer du monde, de connaître le voisinage, les gens sont avenants et détendus, et c'était également l'occasion hier soir de présenter mon mari aux personnes présentes, soit mes "co-busselières" puisqu'il s'agissait en quelque sorte d'une réunion des mères de familles présentent chaque matin à l'arrêt de bus.

Et voilà ce qui s'est passé. J'avais quitté la maison la première avec mes trois loustics. Mon businessman de mari était en conférence téléphonique du plus haut niveau avec des actionnaires nippons quelque peu frileux eu égard à la chute du Yen de cette dernière semaine (Je plaisante, je ne sais pas du tout avec qui il était en ligne, mais ça semblait un peu long, alors je suis partie la première). Une demie-heure plus tard, dans le cadre de l'optimisation de l'information au sein de notre famille, j'appelle Monsieur sur son portable pour lui rappeler l'adresse de notre hôte. Le portable ne passant pas à l'intérieur de la maison, Stéphane sort de la maison pour me répondre, la porte claque, et le voilà enfermé à l'extérieur, en chaussettes...

Après le "Et merde" de rigueur, mon époux s'attend à ce que j'accours pour le secourir, mais le sachant sur place, j'étais partie sans clé... Nous étions donc enfermé dehors. Je quitte donc momentanément la petite sauterie pour rejoindre mon bien-aimé esseulé tronant au beau milieu du jardin, et j'avoue bien que si j'eu beaucoup de mal à tenir mon sérieux à la vue de ses chaussettes, je me suis bien abstenue du moindre sourire en sa présence, de peur d'être foudroyée sur place. L'heure était à la réflexion. Pas de grands espoirs cependant. Les deux voitures étant fermées à clé, pas de possibilité d'ouvrir les portes de garages, et les deux jours précédants passés sous la neige n'avaient pas motivé à ouvrir les fenêtres. C'est alors que je me rappelais que les ex-propriétaires avaient encore une clé de la maison - il faut savoir qu'ils habitent désormais à deux pas de la maison. Je me précipite dans cette direction, mais suit vite déçue lorsque je trouve porte close. Qu'à cela ne tienne, il nous suffit d'attendre qu'ils rentrent. Je propose donc à mon "grand blond sans chaussures noires" de rejoindre la fête pour patienter. Et devant quelques réticences bien justifiées du style : "je vais avoir l'air con sans chaussures", j'avance des arguments plus que convainquants : "Mon chéri, c'est Halloween après tout, tu auras toujours l'air moins con que si c'était un autre jour !" ou encore " dis-toi que si c'était arrivé hier soir, tu serais en caleçon avec des chaussettes trouées"... Et ça marche. Nous voilà donc clopin-clopant en route pour le deck de Marie-Beth. Encore une fois, j'ai très envie de rire, mais je ne peux pas !
Et quelle ne fut pas notre surprise lorsque à notre arrivée, ayant dévoilé "l'affaire", il est apparu que si nous ne pouvions rentrer chez nous, nos voisins, eux, le pouvaient. Et de différentes manières : "Si vous n'avez pas changé les serrures, moi j'ai une clé de chez vous !" ou encore : "il vous suffit de rentrer le code à 5 chiffres sur le boîtier situé à côté de votre garage" - "Nous n'avons pas de boîtier à côté du garage". "Si, vous en avez un", "non, je vous assure, nous n'avons pas de boîtier" "c'est juste que vous ne l'avez jamais remarqué, il est protégé par un cache, mais c'est sur, vous en avez un". "Ah bon, mais si tel est le cas, nous n'en connaissons pas le code". "Attendez, je passe un coup de fil, je vais vous le donner votre code". Et effectivement nous avions un boîtier prêt du garage, et le code fourni fonctionnait...

Nous avons donc quitté cette soirée, confiants pour l'avenir. Avec de tels voisins nous n'aurions jamais à enfoncer des portes ouvertes.

Ne restait donc que l'ultime étape de cette journée d'Halloween, le moment le plus attendu par les enfants : le départ tous azimuts pour "Trick or treat". A la lueur des lampes de poches, toutes les maisons du quartier sont visitées, et aussi étonnant que cela puisse paraître, pas une porte ne reste fermée. Si les gens sont absents, un panier est placé devant leur porte d'entrée avec un gentil message. Tout le monde participe.

L'ambiance est vraiment chaleureuse et bon enfant.
Arrivée devant chez "Alphonse l'électricien" (rencontré 1h plus tôt chez Marie-Beth, et depuis, c'était un pote à moi), j'eu même droit à une visite en règle de ces installations : maison hantée gonflable qui fait un bruit de fantôme quand on rentre dedans ("non mais allez-y, n'ayez pas peur, entrez" - euh ! franchement, il croit vraiment que j'ai peur !) ; sorcière qui monte et qui descend de la fenêtre quand il tape dans ses mains ("Vas-y ma fille, montre à la dame ce que tu sais faire !"). Et comme je me suis prêtée à cette petite cérémonie de bonne grace, je me suis retrouvée à aller faire "trick or treat" bras dessus, bras dessous avec "Joe le Plombier" et sa tranche de pizza dans son assiette en carton, parce que le pauvre, ça ne fait que 9 ans qu'il habite ici, il ne connaît pas grand monde et sa fille de 5 ans n'a pas encore d'amis. Si ce n'est pas malheureux !

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