samedi 1 novembre 2008

Happy Halloween !

Si l'an passé, ma première impression sur cette journée de fête qu'est Halloween aux Etats-Unis m'avais enchantée par son côté festif et bon enfant, je dois bien reconnaître que certaines décorations et ornements choisis pour agrémenter jardins et devantures m'avaient quelque peu laissée perplexe, voire scandalisée !

Cette année, je me suis laissée prendre au jeu et apprécie d'avantage l'esprit morbide de rigueur, les pierres tombales d'agréments, cadavres ambulants et autres corbillards rutilants. Pour preuve, mon épouvantail qui ne devait même pas effrayer un moineau l'an dernier à laissé place à deux horribles créatures suspendues à un arbre par la corde qui les a fait passer de vie à trépas. Même ma malheureuse toile d'araignée qui aidait lamentablement son occupante à atteindre le plafond du salon il y a un an recouvre désormais un fauteuil occupé par "Jason the skeleton", digne invité fort sympathique et hôte pour le moins discret, qui durant le dernier week-end, a pris part en toute quiétude à nos moments de détentes. Bon, je dois bien l'avouer, il était de constitution fort peu robuste, puisqu'en carton, mais l'an prochain c'est sûr, il sera remplacé par un confrère qui, s'il n'est pas en chair sera au moins en os... Et au rythme avec lequel j'évolue, la prochaine édition risque d'être digne de notre pays de résidence. Je serai à mon avis fin prête pour organiser dans les règles de l'art ma première mise en bière. A moins que je me lance dans la reconstitution d'un cimetière. J'ai adoré les ossements dans le jardin de mon voisin. Pas trop voyants, pierre tombale très sobre, quand au cadavre en état de décomposition avancée, juste les pieds, les mains et le crâne sortaient de terre, très "classe". Quoi qu'il en soit, j'ai un an pour réfléchir à ma déco... Alors comme qui dirait, qui vivra verra...

Sinon hier, c'était une journée très sympathique et bien chargée. 9h, parade à l'école d'Arthur, 14h, parade à l'école de Cassandre. Tous les parents au rendez-vous, main sur la couture du pantalon, prêts à mitrailler de mille feux leur progéniture en costume de scène. 6 princesses, 2 fées, 5 sirènes, 3 spydermen, 2 batmen, 4 pirates, 1 livreur UPS... Un livreur UPS ! Comment peut-on avoir l'idée à 5 ans de se déguiser en livreur UPS ? Et pourquoi UPS plutôt que FedEx ?

16h30, "Playdate" chez Marie-Beth. Ce qui veut dire : regroupement stratégique de tous les enfants du voisinage en âge de se déguiser et de manger des bonbons pour deux heures d'amusements et de jeux pendant que les parents, libérés plus tôt de leurs obligations professionnelles, Halloween oblige, font des "relations publiques" autour d'une petite collation, préparé par tout un chacun.

Et ces petites soirées relations publiques à l'américaine, j'adore ça. Voilà leur fonctionnement : vous êtes ravis de vous retrouver avec vos meilleurs potes dont vous ne connaissez même pas le prénom ; vous vous extasiez pour des banalités sans pareil à tout bout de champs ; utilisez le mot "so nice", "so cute" et "so beautiful" après chaque gorgée de Dr Pepper ; opinez du chef d'un air entendu alors que vous ne comprenez pas un traitre mot de ce qui vient d'être dit ; ne vous étouffez pas avec le buffet qui ne comporte ni saucisson sec, ni canapés à la mousse de foie de canard mais des popcorns au chocolat et des sticks à tremper dans du chedar fondu. En deux mots, vous papillonnez de droite à gauche et parlez de choses et d'autres non pas avec Pierre, Paul ou Jacques mais avec Bill, Tim ou Jim comme si vous vous étiez quittés la veille. Ca permet de rencontrer du monde, de connaître le voisinage, les gens sont avenants et détendus, et c'était également l'occasion hier soir de présenter mon mari aux personnes présentes, soit mes "co-busselières" puisqu'il s'agissait en quelque sorte d'une réunion des mères de familles présentent chaque matin à l'arrêt de bus.

Et voilà ce qui s'est passé. J'avais quitté la maison la première avec mes trois loustics. Mon businessman de mari était en conférence téléphonique du plus haut niveau avec des actionnaires nippons quelque peu frileux eu égard à la chute du Yen de cette dernière semaine (Je plaisante, je ne sais pas du tout avec qui il était en ligne, mais ça semblait un peu long, alors je suis partie la première). Une demie-heure plus tard, dans le cadre de l'optimisation de l'information au sein de notre famille, j'appelle Monsieur sur son portable pour lui rappeler l'adresse de notre hôte. Le portable ne passant pas à l'intérieur de la maison, Stéphane sort de la maison pour me répondre, la porte claque, et le voilà enfermé à l'extérieur, en chaussettes...

Après le "Et merde" de rigueur, mon époux s'attend à ce que j'accours pour le secourir, mais le sachant sur place, j'étais partie sans clé... Nous étions donc enfermé dehors. Je quitte donc momentanément la petite sauterie pour rejoindre mon bien-aimé esseulé tronant au beau milieu du jardin, et j'avoue bien que si j'eu beaucoup de mal à tenir mon sérieux à la vue de ses chaussettes, je me suis bien abstenue du moindre sourire en sa présence, de peur d'être foudroyée sur place. L'heure était à la réflexion. Pas de grands espoirs cependant. Les deux voitures étant fermées à clé, pas de possibilité d'ouvrir les portes de garages, et les deux jours précédants passés sous la neige n'avaient pas motivé à ouvrir les fenêtres. C'est alors que je me rappelais que les ex-propriétaires avaient encore une clé de la maison - il faut savoir qu'ils habitent désormais à deux pas de la maison. Je me précipite dans cette direction, mais suit vite déçue lorsque je trouve porte close. Qu'à cela ne tienne, il nous suffit d'attendre qu'ils rentrent. Je propose donc à mon "grand blond sans chaussures noires" de rejoindre la fête pour patienter. Et devant quelques réticences bien justifiées du style : "je vais avoir l'air con sans chaussures", j'avance des arguments plus que convainquants : "Mon chéri, c'est Halloween après tout, tu auras toujours l'air moins con que si c'était un autre jour !" ou encore " dis-toi que si c'était arrivé hier soir, tu serais en caleçon avec des chaussettes trouées"... Et ça marche. Nous voilà donc clopin-clopant en route pour le deck de Marie-Beth. Encore une fois, j'ai très envie de rire, mais je ne peux pas !
Et quelle ne fut pas notre surprise lorsque à notre arrivée, ayant dévoilé "l'affaire", il est apparu que si nous ne pouvions rentrer chez nous, nos voisins, eux, le pouvaient. Et de différentes manières : "Si vous n'avez pas changé les serrures, moi j'ai une clé de chez vous !" ou encore : "il vous suffit de rentrer le code à 5 chiffres sur le boîtier situé à côté de votre garage" - "Nous n'avons pas de boîtier à côté du garage". "Si, vous en avez un", "non, je vous assure, nous n'avons pas de boîtier" "c'est juste que vous ne l'avez jamais remarqué, il est protégé par un cache, mais c'est sur, vous en avez un". "Ah bon, mais si tel est le cas, nous n'en connaissons pas le code". "Attendez, je passe un coup de fil, je vais vous le donner votre code". Et effectivement nous avions un boîtier prêt du garage, et le code fourni fonctionnait...

Nous avons donc quitté cette soirée, confiants pour l'avenir. Avec de tels voisins nous n'aurions jamais à enfoncer des portes ouvertes.

Ne restait donc que l'ultime étape de cette journée d'Halloween, le moment le plus attendu par les enfants : le départ tous azimuts pour "Trick or treat". A la lueur des lampes de poches, toutes les maisons du quartier sont visitées, et aussi étonnant que cela puisse paraître, pas une porte ne reste fermée. Si les gens sont absents, un panier est placé devant leur porte d'entrée avec un gentil message. Tout le monde participe.

L'ambiance est vraiment chaleureuse et bon enfant.
Arrivée devant chez "Alphonse l'électricien" (rencontré 1h plus tôt chez Marie-Beth, et depuis, c'était un pote à moi), j'eu même droit à une visite en règle de ces installations : maison hantée gonflable qui fait un bruit de fantôme quand on rentre dedans ("non mais allez-y, n'ayez pas peur, entrez" - euh ! franchement, il croit vraiment que j'ai peur !) ; sorcière qui monte et qui descend de la fenêtre quand il tape dans ses mains ("Vas-y ma fille, montre à la dame ce que tu sais faire !"). Et comme je me suis prêtée à cette petite cérémonie de bonne grace, je me suis retrouvée à aller faire "trick or treat" bras dessus, bras dessous avec "Joe le Plombier" et sa tranche de pizza dans son assiette en carton, parce que le pauvre, ça ne fait que 9 ans qu'il habite ici, il ne connaît pas grand monde et sa fille de 5 ans n'a pas encore d'amis. Si ce n'est pas malheureux !

vendredi 3 octobre 2008

Donnez-moi la corde pour me pendre...

Je ne peux attendre pour partager avec vous cette journée. Une journée comme je ne voudrais pas en vivre trop souvent, parce que ce soir, je suis éreintée.
Rappelez-vous. C'était aujourd'hui le grand jour. Je passais mon permis de conduire... Il faut que je précise que dans mon message précédent, j'avais donné la date de vendredi dernier pour cet examen, mais après avoir nettoyé de frond en comble l'intérieur de ma voiture, l'avoir rendu aussi brillante qu'un sous neuf extérieurement, après avoir également débarrassé mon garage parce qu'une si belle voiture ne pouvait plus dormir dehors, je me suis aperçue avec effroi que ma convocation était pour le vendredi suivant...
Et le vendredi suivant, c'était donc ce matin.
Aussi, dès potron-minet, j'étais sur le pont.
Re-nettoyage des vitres de la voiture, petit coup d'aspirateur intérieur, et surtout, re-nettoyage du siège arrière parce qu'il faut que je vous dise, hier Margot à vomit son biberon de lait chocolaté dans la voiture... Et impossible de faire disparaître totalement l'odeur âcre de lait caillé de l'habitacle...
Enfin, il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien, alors à 9h45, me voilà en route au volant de ma "Dodge Grand Caravan" rutilante mais quelque peu nauséabonde vers le Centre d'examen. Il faut dire que depuis le temps que j'y vais, ma voiture m'y conduit toute seule. Je présente donc ma convocation à l'accueil, où la personne en faction me signale que ce test ne se pratique pas ici, mais au centre d'inspection des véhicules.
On aurait pas pu me le dire avant ? Ni une ni deux, j'étais déjà au volant de la voiture que le type n'avait toujours pas fini sa phrase, et je vous assure que c'est sur deux roues que j'ai emprunté les quelques virages qui me séparait du lieu dit. Pas question d'être refoulée pour cause de retard.
Et me voilà donc arrivée, pile-poil à l'heure, sur une espèce de grand parking de supermarché, avec sur le côté droit un abribus pour les accompagnateurs-chauffeurs des postulants au permis de conduire. Et oui, logique, normalement, quand on vient passer son permis de conduire, on ne peut pas conduire soit même... Et d'après les questions qui me sont posées : "qui passe son permis : moi - Où est le chauffeur du véhicule : c'est moi !", je ne suis visiblement pas la seule à mesurer l'absurdité de la situation.
Enfin, bref, on me demande de prendre place derrière la ligne "start", et d'attendre l'examinateur. Monsieur "vous n'êtes qu'un numéro et je vous le fait savoir d'entrée" monte à mes côtés, ne me jette même pas un coup d'oeil, me demande les papiers de mon véhicule, rempli la fiche de renseignements qu'il me fait signer. Je sent donc pour moi le moment venu de passer à l'action et met le contact. C'est alors qu'il me dit de sa voix la plus suave et toujours sans m'adresser le moindre regard : "éteignez le moteur, vous ne pouvez pas passer votre permis de conduire avec ce véhicule".
Non mais je rêve, qu'est-ce qu'il me raconte ! Ca fait deux mois que j'essaie d'obtenir ce fichu permis de conduire, et au moment de passer ce que je pense être l'ultime épreuve, on me dit que je n'ai pas le bon véhicule ! Mais qu'est-ce qu'il a mon véhicule ? J'ai une voiture en parfait état de marche, les pneus ont été regonflés pour l'occasion, les gentes lustrées, ça fait deux semaines que je l'astique, il n'y a pas un cheveu qui traine, pas une miette égarée. Ce n'est tout de même pas ma faute si ça sent le vomi ! Evidemment ici, ça monte, ça descend, ça tourne, je ne comprends même pas comment moi je fais pour ne pas vomir, alors c'est sur que ça devait arriver un jour. C'est mal tombé, mais qu'est-ce que j'y peux ?Et d'abord, s'ils refaisaient les routes par ici, peut-être qu'il y aurait un peu moins de secousses, ce qui éviterait probablement ce genre d'incident. Et puis au moins, qu'il me regarde, ce crétin, quand il me parle. Alors, il me le sort son argument. Si ce n'est pas ça qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qu'il a mon véhicule ? C'est quoi le problème aujourd'hui ? la couleur ne lui plait pas ? Je n'ai pas mon sticker "God bless America" collé à l'arrière ? Le siège passager est trop dur ? Trop mou ? J'en ai marre à la fin, jamais rien ne peut se passer normalement ici ?
L'argument choc exposé est le suivant : mon frein à main est placé à ma gauche, or pour passer le test, il faut un véhicule équipé d'un frein à main placé à droite !
Cette voiture est américaine, achetée sur le territoire américain, alors qu'est-ce que j'y peux, moi, s'ils mettent le frein à main à gauche sur leurs voitures ! Ca fait juste 18 ans que je conduit, je comprends bien la nécessité pour l'examinateur de pouvoir à tout moment empoigner le frein à main si dans un moment de pur folie, je traverse à toute berzingue leur parking limité à 15 miles par heure... Et bien, qu'il se méfie, parce que c'est bien ce qui pourrait arriver dans 5 minutes, si je ne me maîtrise plus. Parce que là, la coupe est pleine ! Ras le bol de leurs conneries. Mais encore une fois, rien à dire, c'est comme ça et pas autrement. Bozo le clown est déjà descendu de ma voiture après m'avoir demandé de reprendre rendez-vous pour le mois prochain et de me pointer cette fois avec un véhicule "aux normes"...
C'est donc en pleurant toutes les larmes de mon corps que je retourne au "quartier général" des "joyeux drilles" pour prendre un nouveau rendez-vous, en expliquant entre deux sanglots que mon mari à le même équipement que moi sur sa voiture, que je vis ici depuis deux mois, que je n'ai ni ami, ni famille a qui demander une autre voiture, alors, comment faire ? Bien évidemment, ça ne résout pas le problème. On me dit de reprendre rendez-vous pour le mois prochain, ce qui me fait redoubler de sanglots parce que le mois prochain, mon permis de Floride aura expiré, et je n'aurais plus le droit de conduire... Alors, finalement compatissants, ils me proposent de me redonner un rendez-vous pour l'après-midi même, si je trouve un véhicule adaptée dans la matinée. Il semblerait que les écoles de conduite puissent louer des véhicules. Enfin, pour le jour même, ça me semble un peu compromis.
Il est donc maintenant 11h, je suis rentrée chez moi à "fond la caisse" en manquant de me payer une biche qui n'avait rien trouvé de mieux que de traverser devant moi, ai sauté sur mon téléphone pour appeler la seule personne que je connaisse susceptible d'avoir une voiture "adaptée à la situation", mais manque de chance, elle était sortie ! Ma voisine a la même voiture que Stéphane, donc pas possible de lui emprunter la sienne non plus. C'est alors que mon regard empli de désespoir s'est posé sur la maison d'en face, et plus particulièrement sur son allée toujours pleine de voitures. Entre le 4x4 de Madame, la décapotable de Monsieur pour l'été, sa voiture de tous les jours, le véhicule de son fils et celui du grand-père, il n'y a que l'embarras du choix. Dès cet instant, j'ai donc jeté mon dévolu sur cette mine d'or tel un américain en voyage à l'étranger se trouvant nez à nez avec un Starbuck Café. Si dans tout ça, il n'y a pas une voiture équipée d'un frein à main sur la gauche, je veux bien être pendue ! Le seul problème, c'est que je ne connais pas ces gens ! Je suis juste allée me présenter lors de mon emménagement, et depuis nous nous faisons de grands signes de loin. Ils ont l'air sympas, et la faim ne justifie t'elle pas les moyens ? Justement, Tom (enfin, je ne suis plus sur, mais je crois qu'il s'appelle Tom) sort de chez lui. Si ça ce n'est pas un signe... Alors je prends mon courage à deux mains, et me dirige vers lui pour lui expliquer la situation dans mon mauvais anglais. Et là bien sûr, obligée de détailler un peu, parce que dire à quelqu'un que l'on veut emprunter sa voiture pour aller passer son permis de conduire, c'est un peu juste pour être prise au sérieux.
Alors, voilà ce qui c'est passé. Tom (enfin depuis, je sais qu'il s'appelle Louis, d'après sa carte grise) m'a gentiment tendu les clés de sa BMW intérieur cuir et ronce de noyer, son assurance et sa carte grise. Il m'a suggéré d'aller vadrouiller avec, histoire de me "faire la main", et m'a souhaité "good luck"... Quel gentil voisin !
C'est donc ce que j'ai fait, après avoir repris rendez-vous à 3 heures pour un nouvel "essai" !, j'ai remplis mes obligations du jour : achat d'un pot de peinture à droite, dépose d'un chèque en banque (avant que celle-ci fasse banqueroute) à gauche, etc... tout ça en BMW.
Je suis ensuite rentrée à la maison, ai nettoyé les vitres de la voiture, vidé le côté passager de quelques déchets alimentaires, nettoyé quelques taches de café et de ketchup en passant (ça c'est vraiment typique américain de manger dans les voitures). C'était un peu délicat comme situation, car je ne voudrais pas que "Lou" pense que je trouve sa voiture trop sale à mon goût, mais d'un autre côté, je ne peux pas me présenter pour passer mon permis avec des détritus au pied de l'examinateur !
Et voilà, l'heure arrive, je me présente donc à nouveau, fière comme un bar-tabac, dans ma nouvelle voiture avec le frein à main bien comme il faut. Me voilà prête à affronter ce bout en train d'examinateur parce que bien évidemment, je vois arriver gros comme une maison le coup que je vais tomber sur lui à nouveau, et bingo, c'est gagné !
Donc, Bozo se pointe, essaie d'ouvrir la porte - oups, les portes sont vérouillées. Mais où est le bouton qui centralise la condamnation des portes ? Ah voilà, tu peux monter Bozo, et attache bien ta ceinture, y'a des ch'vaux sous l'capot...
Je plaisante, bien sûr, j'ai tout fait comme il fallait, j'ai avancé à 15 miles par heure en faisant le tour du parking, j'ai reculé tout droit sur 100 feet (voilà un mois encore, je n'avais aucune idée de ce que pouvait représenter un feet, mais j'ai révisé, et vu qu'une voiture fait à peu près 20 feet... enfin, je ne vais pas vous faire part de l'étendu de mon savoir, mais j'ai eu "A" à cette épreuve, et oui Messieurs-Dames). J'ai ensuite fait un K-turn (bon, je vous la fait courte, il fallait faire demi-tour sur le parking), et j'ai fait un créneau entre des plots, et voilà. Retour à la case départ, vous ne gagnez pas 20 000 dollars, mais vous avez votre permis. Oh ? vraiment ? J'ai mon permis ? Je l'aurais embrassé, Bozo, sur le coup, mais il m'a bien fait comprendre que ce n'était pas nécessaire, alors je n'ai pas insisté. Enfin, tout ça pour ça, c'est quand même un peu ridicule non ? Nous ne sommes même pas sortis du parking. Même pas une petite virée en ville, un p'tit tour sur la Route 10, y'avait toit ouvrant, on s'en ai même pas servi, et sur qu'il y avait plein d'autres gadgets à essayer, on a même pas testé la puissance de la voiture. T'es sur, tu veux pas rester ? Non, apparemment il est sur. Et moi je suis sûre d'une chose, c'est que j'ai envie de me tailler d'ici vite fait avec mon papier signé, avant de faire capoter l'histoire en faisant une fausse manip. dans les dernières secondes.
Enfin, conclusion de l'histoire : mon garage est rangé, ma voiture nettoyée et moi épuisée. Lou (c'est lui qui veut que je l'appelle comme ça) a une voiture toute propre, un plein d'essence et du French Champagne, et les autres voisins, persuadés que la fille d'à côté a des troubles sévères du comportement se traduisant par un besoin inconditionnel de laver non plus seulement sa voiture, mais également celles des autres chaque fin de semaine, attendent impatiemment que je leur propose mes services.
Plus sérieusement, j'ai maintenant un papier provisoire, mais reste une dernière étape, celle de retourner, accompagnée de mon "L1" au centre logistique afin de faire établir mon I.D. définitive, et devant l'étendu des problèmes rencontrés précédemment, quelques doutes subsistent dans mon esprit quand au réglement rapide de mon dossier. Enfin, cette journée touche à sa fin, et j'en suis ravie. Suite au prochain épisode...

vendredi 19 septembre 2008

Tracasseries administratives

Voilà maintenant plus d'un mois que nous avons emmenagé à Randolph, New Jersey, aussi nous pouvons désormais nous considérer comme "opérationnels". Très contents de notre nouvelle "cabane au fond des bois", le mois d'août s'est vu bien chargé. Déballage des cartons, aménagement, repérage des environs, des écoles, des supermarchés, des activités sportives (euh ! non non, je ne pensais pas à moi), et des centres commerciaux (parce qu'il faut des activités pour tout le monde...). Et avec tout ça, pas le temps de remettre à jour mon blog. Il faut dire que l'arrivée ici n'est pas de tout repos, pour information, je passe actuellement mon permis de conduire... Oui, samedi dernier, j'ai eu mon code, la semaine prochaine, je passe la conduite... Ca s'appelle rajeunir...

J'ai en effet quelques soucis avec l'administration locale, pour qui la mise en conformité de mes papiers d'identité pose un problème majeur, cas particulier sur lequel les "hautes instances"!!! du bâtiment 2, couloir 5, guichet 3 se sont penchées des heures durant, nous faisant assister, impuissants, à l'orchestration d'un concours d'idioties de haut niveau.

Je vous explique en deux mots. Pour pouvoir résider en toute légalité dans l'état du New Jersey (comme dans n'importe quel état américain d'ailleurs), chaque individu doit être en possession d'une I.D. délivrée dans l'état de résidence (permis de conduire qui sert également de pièce d'identité officielle). Stéphane a donc fait transformer son I.D. de Floride, ce qui lui a pris en tout et pour tout 1/2 heure.

Ce n'est pas tout à fait la même histoire pour moi. Pour que cette opération soit possible, il faut fournir différentes preuves d'identité, entre autres : un passeport, un carte de crédit, une carte de sécurité sociale (rien à voir avec la sécu. française), un justificatif de domicile, et votre ancienne I.D.Seulement voilà, certains de mes papiers sont rédigés au nom de Berthier, tandis que d'autres sont au nom de Claeysen (mon nom de jeune fille)... Et voilà bien le problème, les "têtes pensantes" réunies en conciliabule autour de mon cas, n'arrivent pas à faire le lien entre les deux noms...
Entre nous, le lien est tout de même assez facile à faire, il suffit de regarder la première page de mon passeport qui indique "Claeysen ep. Berthier", tout le monde doit pouvoir s'en sortir ! Eh bien ne croyez pas ça, la première page du passeport ne compte pas, c'est le visa qui est à prendre en compte, qui lui est au nom de Claeysen (enfin, encore une fois, s'il on regarde en bas du visa, le nom de Berthier apparaît mais ça, ça ne compte pas non plus !!!). Pour l'administration, mes différents papiers comportent deux noms différents, et vraiment, même en s'y mettant à plusieurs, ils ne comprennent pas d'ou vient le nom de "Berthier"...

La question reste donc posée : Suis-je une usurpatrice d'identité ? Un agent double infiltré derrière les lignes ennemies ? Une dangereuse criminelle ? En tout cas une chose est sûre, si jusqu'à présent j'avais réussit à déjouer l'attention de l'administration américaine, je suis désormais repérée, prise entre les griffes des "cerveaux" d'une organisation sans faille bien décidéE à découvrir la vérité avant de me livrer aux mains des autorités compétentes...

Bref, après deux samedis matins d'argumentations, tergiversations et d'intenses reflexions, la conclusion est donc la suivante : le plus simple est de faire comme si je n'avais jamais séjournée en Floride, comme si je venais de débarquer du dernier paquebot accosté à Ellis Island. Oui, c'est bien sur, pourquoi n'y avaient-ils pas pensé avant ! Nous allons tout reprendre depuis le début, l'idée est donc, pour commencer, de me faire repasser mon permis de conduire...

Personnellement, je ne vois pas très bien ce que ça va changer au problème, puisque pour que mon permis de conduire me soit délivré, il me faudra fournir à nouveau certaines pièces d'identité pour lesquelles les noms seront différents ! Que vont-ils donc trouver ensuite ? Me refaire faire ma 1ère communion ?
Mais le verdict est ce qu'il est, nos interlocuteurs bornés et nous fatigués, nous n'avons donc d'autre choix que de suivre tranquillement les instructions données.
Si je dis nous, c'est que je ne suis pas seule à passer des heures dans une salle bondée à attendre que mon numéro soit appelé pour recommencer une discussion maintes fois détaillées. Je ne suis en effet qu'une "L2" ici, c'est à dire que je n'ai le droit de séjourner aux Etats-Unis que grace à mon mari "L1", aussi, toutes les démarches administratives doivent être faites en sa présence. Et qui dit mari présent, dit 3 enfants qui suivent...
Nous nous rendons donc en famille au centre administratif le samedi matin pour quelques heures, comme nous pourrions nous rendre au marché, ou à la piscine, il s'agit en fait de notre sortie hebdomadaire à nous, le moment où l'on se retrouve tous, pour démarrer un week-end dans la joie et la bonne humeur...

Ce qui donnent quelques moments cocasses tout de même après coup, notamment lorsque Margot, alors que nous avions relachée notre attention, a été rattrapée au vol au moment même ou elle se jetait du haut d'une table sur le drapeau américain en faction, s'essayant à doubler "Tchita" à la poursuite de Tarzan. Je n'imagine même pas les ennuis en découlant. Si elle avait arraché la sacro-sainte bannière étoilée, je crois que pour le coup, le dossier été réglé, mon inculpation pour haute trahison me faisant expulser du territoire avant même de vous en avoir conté les différents aspects.

Cela dit, tracasseries administratives mises à part, la vie nous parait bien agréable ici. Chacun y prend ses marques et trouve ses repères. Cassandre prend son petit bus jaune avec grand plaisir tous les matins, Arthur se rend 3 jours par semaine à la Preschool, heureux et impatient de découvrir le contenu de sa lunch box du midi, et Margot, petite dernière par excellence, adore avoir sa maman pour elle toute seule. Stéphane a repris un travail "à plein temps", quand à moi, tout ce petit monde occupé, je vais pouvoir reprendre mes petites habitudes et ne manquerai pas de vous faire partager mes nouvelles aventures...